Concert, Live, Report

Hellfest, le live-report de l’édition 2026 !

Et c’est reparti pour un tour ! Du 18 au 21 Juin 2026 se tenait la 19e édition du Hellfest. Le rendez-vous annuel emblématique des métalleux de France et d’une bonne partie du globe. Le festival que l’on aime glorifier, détester, critiquer, aduler, et j’en passe. Hormis les éternels rageux qui aiment fouiner et trouver le moindre prétexte pour démonter le festival, il n’en demeurent pas moins que des néophytes, et des vétérans, dont nous faisons partie, ne manqueraient cet évènement pour rien au monde.

Car comme on vous le rappelle chaque année, l’affiche du Hellfest est unique en son genre. Elle regroupe les artistes confirmés, les émergents, les légendes, ceux qui feront le metal de demain, ceux que l’on aime et ceux que l’on déteste ou plus du tout. Bref, chacun y trouve son compte quand on prend la peine de bien analyser le truc.

Pour la team No Name Radio, on ne change pas notre fusil de « Les Paul » (hihi !). Nous irons toujours assister à des concerts qui nous intéressent, éveillent notre curiosité, ou ceux qu’on n’a pas la droit de manquer. Iron Maiden pour ne pas les nommer (hihi bis). En aucun cas nous assisterons à un concert pour faire le buzz, écrire quelques lignes pour faire bien sous prétexte que ça marche sur les réseaux, ou une quelconque autre idiotie. Non, sur No Name Radio quand on aime, alors on vous en parle, et pas le contraire.

Cette année réservait des pépites que nous ne voulions pas louper, comme Tom Morello et les Cavalera Brothers par exemple. La suite vous la connaissez peut-être, on y reviendra… Mais, l’attraction majeure de ce 19e tome fût la statue du madman Ozzy Osbourne, exposée à l’entrée du festival, faisant le bonheur des appareils photos et des fans bien sûr.

Lors de chaque édition, l’organisation fait toujours en sorte de proposer quelque chose de nouveau pour ses festivaliers. Il suffit juste de voir les sourires et l’enthousiasme du public, tant qu’il respecte les codes du mouvement musical. Car oui, et là en revanche c’est pas vraiment cool, l’attitude de certains festivaliers, pas toujours dans le mood des anciennes éditions, est sérieusement en train de changer, et pas dans le bons sens du terme.

Il s’agit davantage d’une multiplication de petites incivilités rapides que nous avions très peu observées jusqu’ici dans les précédentes éditions. Certains viennent uniquement pour l’ambiance et ses effets, et en oublient la musique et ses artistes.

Situations plutôt navrantes, car le côté fraternel qui a toujours caractérisé notre milieu, du genre « oups je t’ai bousculé, sorry, tout va bien ? » créé par la vieille garde, ce doit d’être transmis à ce nouveau public qui intègre l’environnement, histoire de perpétuer la tradition. C’est une simple constatation qui pourrait avec le temps avoir son importance.

On a quand même passé un très bon festival, et laissant de côté cette petite bascule qui apparaît dans cette nouvelle audience, moins connaisseuse, on va vous parler des concerts que nous avons aimé. C’est parti, on va sur le terrain…

Commençons avec Mikkey Dee & Friends, Jeudi 18 Juin. Très bonne entrée en matière avec une bonne dose de riffs comme on l’aime avec l’ex-batteur de Motörhead et actuel Scorpions, en formule trio. Notre ami annonce en début de set un beau « we are not Motorhead but we play rock n’ roll », qui fait chaleureusement réagir le public. Au programme du Motörhead bien évidemement, mais pas que les morceaux les plus connus ou les plus évidents en concert, et ça c’est chouette.

Nous avons droit à « Killers/Love Like A Reptile/Sacrifice/I Got Mine », et pour les classiques, il faudra compter sur « Killed By Death » avec comme guest Chris Garric (Alice Cooper/LA Guns) qui viendra pousser la chansonnette, « Born To Raise Hell », et pour conclure, les deux indéboulonnables que sont « Ace Of Spades » et « Overkill ». Il commence à faire chaud sur le site, mais l’ambiance est cool, on est heureux d’être là.

Direction ensuite la Valley pour le set du sonique-duo Inspector Cluzo, qui a retourné la scène dès le premier riff de « Less is More ». Ambiance survolté et de partage avec le public, nos landais sont excellents, et les titres « As Stupid As You Can » et le blues « The Outsider » enfoncent le clou.

Pour votre rédacteur en revanche, ce fut une autre paire de manche, vu que j’ai assisté au 3/4 du show assis, en raison d’une trop forte chaleur qui a faillit m’emmener au pays du fruit favori d’Isaac Newton… Mais j’ai quand même tout écouté, le concert était énorme, mais d’un point de vue très personnel, je tiens à revoir absolument le groupe, mais en condition debout, ça pourrait être pas mal… 🙂

The Inspector Cluzo, un super show !

Et que dire de la presta de nos anciens, qui quelques minutes après le set de l’inspecteur Cluzo, délivra en Mainstage 2 un concert excellent. Deep Purple était en grande forme, les die-hard fans écoutent pour la énième fois les classiques « Into The Fire/Lazy/Space Truckin’/Black Night » avec toujours autant de passion. On a aussi droit à des morceaux récents comme « A Bit On The Side » de l’album de 2024, et du nouveau single « Arrogant Boy », extrait de « Spalt! » qui va sortir le 3 Juillet prochain.

Les solis de Don Airey (claviers) et Simon McBride (guitare) sont un pur régal pour les connaisseurs et musiciens présents dans l’assemblée, et pour conclure, la Mainstage 2 rayonne sous les effets du classique des classiques, avec un « Smoke On The Water » repris à l’unisson au moment du refrain par tout le public présent, c’est super à vivre ! Un grand moment passé en présence d’une institution qui continu de donner ses lettres de noblesse à un genre qu’il a créé.

Deep Purple, un concert de très grande classe !

Des slammers sachant slammer, doivent savoir slammer tout en slammant !

Vendredi 19 juin, on commence notre journée à 13h. Un début d’après-midi devant les Mainstage, en compagnie des vikings de Brothers Of Metal. Le show est sympa, mais j’attends avec une certaine impatience le suivant, pour revoir une seconde fois cette année, les vétérans « maiden » France de Sortilège. Lors de leur précédente venue au Zénith de Nantes en mai dernier en ouverture de Saxon, le groupe de Zouille avait offert à son public un show en béton armé.

Un mois plus tard, le concert est toujours aussi carré et pro, le groupe est très content d’être on-stage, et la setlist est d’enfer ! « D’ailleurs/Chasse Le Dragon/Le Poids De l’Ame/Poséidon » rendront justice à cette référence du hard-rock hexagonal des 80’s, qui sût réactualiser son son sans tomber dans le ringard. Affaire à suivre donc, et belle ovation du public avec l’hymne « Sortilège », qui ponctuera le set en beauté.


Place ensuite à Tesseract, pour un concert qui a certainement ravît les fans du groupe. Tant mieux pour eux.

Sortilège, Zouille en forme !

Sortilège, un retour qui fait du bien !

Tesseract

Queensrÿche, l’emblématique gang de Seattle prend le relais en Mainstage 2, pour faire ce qu’il fait de mieux depuis ses débuts, du Queensrÿche ! C’est propre, carré, mélodique, Michael Wilton est toujours aussi bon. Todd La Torre a l’organe vocal similaire à celui de Geoff Tate et ne triche pas. Puis, comment ne pas fondre une nouvelle fois à l’écoute des géniaux « Anarchy X/Revolution Calling/Eye Of The Stranger/Operation Mindcrime » ! C’était excellent !

Dans le coeur des fans, et comme pas mal de formations de cette période d’ailleurs, Queensrÿche restera toujours le groupe d’un seul album, son méga carton « Operation Mindcrime » de 1988, avec un soupçon de « Empire » (1990) pour saupoudrer le tout, mais Mindcrime forever ! Un super concert, et ces deux albums tournent de nouveau sur la platine au moment de la rédaction de ces lignes. Et en 33trs originaux s’il vous plaît !

Ensuite, après avoir passé un très bon moment avec Queensrÿche, la sauce tourne et vire en 30 secondes avec Bloodywood, qui pour résumer, fait beaucoup de bruit pour pas grand chose. Mais il fait beau, il fait chaud, le public est déchaîné, et c’est ce qui fait la diversité du Hellfest. Ça fait quand même plaisir à voir.

Queensrÿche, Todd LaTorre impérial !

Queensrÿche, légendaires et complices !

Bloodywood, le seul groupe avec un bassiste qui joue en Crocs…

Suite à mes supposées lamentations sur la presta de nos amis de New Delhi, direction le Sanctuary pour le merch de l’année, avec juste une heure d’attente pour acquérir mon graal annuel, sur fond d’Accept et le début de Sepultura. Le temps aussi de déguster chez MyPie les toujours succulentes tourtes de poulets accompagnées des fameuses frites de patates douces (rapport qualité/prix imbattable au passage). Il est déjà l’heure de rejoindre les Mainstage pour Helloween qui fait superbement le job, comme à l’époque de l’excellent et mythique « Live In The UK ».

Donc vous penserez bien que le public répond présent sur « Future World/This Is Tokyo/Ride The Sky/Twilights Of The Gods/I Want Out » ! Nos « pumpkins deutsche qualitate » envoient toujours autant, et ne sont pas encore smashing. Le son est propre et d’une belle puissance, le rappel « Eagle Fly Free/Dr Stein » avec l’outro sur le refrain du pavé « Keeper Of The Seven Keys » font de nouveau beaucoup de bien à entendre une nouvelle fois, c’était vraiment très bien.

Histoire de « patienter » avant de retrouver l’incontournable vierge de fer, on retrouve les excellents Opeth sur la Mainstage 2. Son leader Mikael Akerfeldt est visiblement content de retourner au Hellfest, et de figurer sur la même affiche que le groupe de Steve Harris. Le chanteur ajoute, avec son flegme légendaire, qu’avant de profiter du show d’Iron Maiden en même temps que nous, Opeth doit avant tout « faire son job » et mériter son cachet.

Mine de rien, le « travail » en question est bien fait, comme à son habitude, le show est puissant au millimètre, avec bien sûr pas une note à côté de l’autre. La magistrale presta des suédois se terminera par un « Deliverance » de toute beauté, un très bon moment.

Brothers Of Metal, le repos du guerrier…

Et après la Suède, direction l’Angleterre qui se tient juste sur la scène d’à côté, avec l’institution Iron Maiden. Pendant un peu plus de deux heures, dans le cadre de leur tournée « Run For Your Lives », les anglais font déferler dans nos oreilles des brûlots assez rares qui font plaisir à redécouvrir en live. « Murders In The Rue Morgue/Killers/Phantom Of The Opera/Infinite Dreams » figures parmi les collectors, « Number Of The Beast/Ancient Mariner/Iron Maiden/Minutes To Midnight/The Trooper » parmi les classiques, et l’apothéose touche l’inconditionnel du groupe que je suis avec le monumental « Seventh Son Of A Seventh Son », dont j’arbore fièrement la pochette comme backpatch sur ma veste ! Ce titre magistral m’en donne encore des frissons !

Mon seul regret par rapport à la setlist, est que le groupe n’ait pas inclus un seul morceau de « No Prayer For The Dying », qui demeure pour moi en tant que fan, un très bon album de la discographie d’Iron Maiden. Même si les avis des aficionados divergeront toujours à ce propos, so what ?

Les musiciens sont en pleine forme, Steve Harris « chante » à tue tête et le mix de sa basse est juste parfait. Le p’tit nouveau Simon Dawson tient largement la route derrière ses fûts. Son jeu de batterie se rapproche techniquement parlant davantage de celui de Clive Burr que de celui de Nicko McBrain. Le trio guitaristique Murray/Smith/Gers est plus mélodique que jamais (même Janick Gers). Et Bruce Dickinson est un maitre de cérémonie phénoménal. Le chanteur est dans une forme explosive, il s’adresse au public uniquement en français (sauf pour quelques petits trucs par-ci par-là), il court aux quatre coins de la scène et ça fait plaisir à voir.

Le fan de Maiden que je suis est comblé, et pour rien au monde je n’aurais loupé ce qui fût ma tête d’affiche de cette édition 2026.

Iron Maiden, énoooooooorme !!!

Iron Maiden, Bruce Dickinson, maitre de cérémonie exemplaire !

Iron Maiden, euh… c’est juste pour repiquer les plans de Dave Murray…

Samedi 20 juin, je me lève avec plein d’enthousiasme, « ouais il va y avoir Tom Morello, ouais il va y avoir Max et Iggor Cavalera, c’est top » ! Et puis je constate que deux infos viennent de tomber sur l’appli du festival, avec les annulations des shows de Tom et des Cavalera Brothers. Le soufflé retombe direct, mais ces annulations sont plus que légitimes et compréhensibles.

Tom Morello a été rappelé d’urgence au chevet de sa maman centenaire (à qui l’on souhaite bien évidemment un prompt rétablissement), et Cavalera Conspiracy a annulé sa venue à Clisson, en raison d’un accident de bus qui aurait pu être fatal pour le groupe. Ouf, il n’en fût heureusement rien, et un changement de planning s’opérait au niveau de notre programme. Nous décidâmes (j’ai réussi à le placer, ndr) de passer notre journée du côté de la Valley, et ce pour notre plus grand plaisir !

Les réjouissances devant la scène de la Valley commencent dès 14h40 avec les Belges de Psychonaut. Nous avions beaucoup aimé la prestation du trio lors de sa venue à la Nuit Metal des Francofolies de la Rochelle en 2024, et cette année encore le grandiose et l’intense furent de nouveau au rendez-vous.

L’osmose et l’émotion entre les musiciens sont surmultipliées, et le plus touchant fût l’accolade très complice en fin de set des trois zicos. Un autre grand moment de cette édition 2026.

Psychonaut en plein soundcheck…

S’en suivent les natifs de Newcastle de Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs ou Pigs x7 en version light. Pour faire simple, on a pris un vraie claque devant le set hypnotique du quintet. Chaque musicien est bien présent en tant que groupe sur scène, mais en observant bien leur comportement individuel, on devine que chacun d’eux plane à mille lieues tout en restant présent sur scène, c’est saisissant ! Ce club des cinq est en parfaite cohésion, et envoie son stoner post-metal en pleine face des festivaliers qui sont de nouveau en transe.

Cette même transe atteindra son apogée cinquante minutes plus tard avec les excellents irlandais de God Is An Astronaut. Le post-rock instrumental du quatuor est certe une nouvelle fois extraordinaire, mais toute la finesse du concert revient à la violoncelliste anglaise Jo Quail, qui vît chaque minute avec grâce et envoûtement.

Un set sublime, comparable à celui de Monkey3 lors de l’édition 2025. Un grand merci à l’orga du Hellfest d’avoir inclus dans la programmation de cette année ce groupe, qui mérite une attention toute particulière, loin d’être un novice en la matière.

Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs

God Is An Astronaut, magique !

Mais que serait un Hellfest avec Anthrax si je n’allais pas les voir pour une énième fois ? Direction la Mainstage 2 pour ma tête d’affiche du soir, avec les moshers de Big Apple. Tout va bien, il est 19h30, la golden hour est superbe, l’intro de « Among The Living » raisonne, le groupe apparaît sur scène, et…

« Mais… mais… atta » qui est donc cette tête blonde assise à la place de Charlie Benante ? Le batteur et principal parolier du groupe s’étant blessé à la main droite, ce fût à Darby Todd de le remplacer au pied levé pour quelques dates jusqu’au 4 Juillet. Notre « remplaçant » au CV looooooong comme ça (Jordan Rudess/The Darkness/Kee Marcello/Robert Plant/Don Airey, excusez du peu !) ne démérite absolument pas, et vient de se faire un nouveau pote (même si c’est déjà le cas) en la personne du bassiste Frank Bello qui s’éclate comme un fou !

Scott Ian mosh comme d’habitude tel un forcené, Jonathan Donais est un soliste toujours aussi juste et précis, sans oublier Joey Belladonna, à qui on a longtemps reproché le timbre vocal si particulier, semble avoir retrouvé une certaine justesse même si parfois ça diphtongue encore un peu (j’ai aussi réussi à le placer, ndr) tient toujours aussi bien la scène, et s’amuse toujours autant avec le public.

Le nouveau single « For The Kids » extrait du nouvel album « Cusrum Perficio », annoncé pour le 18 Septembre, reçoit un très bon accueil, et les classiques « Medusa/Caught In A Mosh/Got The Time/Keep It In The Family » ont toujours une place de choix dans un set du groupe.

Anthrax ne peut bien évidemment ne pas faire l’impasse sur notre « Antisocial » national, et terminera son survolté de show par un « Indians » apocalyptique, avec une « war-dance » qui fait encore trembler le semblant de pelouse grillée par le soleil, au moment ou ces lignes sont écrites.

Anthrax, ou l’appareil photo qui commence à mosher en fin de journée…

Ce sera tout pour la journée du Samedi, et la chaleur du lendemain nous force à rentrer directement à la No Name Home. On espère que vous avez passé un bon moment à la lecture de notre live-report, que la flamme bienveillante qui habite chacun de nous n’est pas près de s’éteindre, et que les petites anicroches de certains festivaliers seront qu’un lointain souvenir pour l’édition anniversaire de 2027, qui s’annonce déjà grandiose. « Faith, Hope, Love », comme le chantait King’s X en 1990 !

En attendant, prenez grand soin de vous, et rendez-vous Mardi 7 Juillet, pour la mise en vente des pass 4 jours de la 20e édition qui se tiendra les 17, 18, 19, 20 Juin 2027. Bel été à tous !

Nous tenons à remercier tout spécialement le service presse du Hellfest de sa confiance, ainsi que pour les accréditations pour la neuvième année consécutive.

La team No Name Radio


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