Allez, j’attaque très fort cette nouvelle chronique, je n’ai jamais vraiment aimé la musique de Zakk Wylde. Que ce soit avec Ozzy et/ou Black Label Society. Pour moi, l’ère du madman avec Zakk se résume à « No Rest For The Wicked » (1988), et encore que quelques titres, et « Ozzmosis » (1995). Le pourtant très acclamé « No More Tears » (1991) ne m’a jamais foudroyé non plus, et ça s’arrête là. Concernant BLS, c’est quasi la même chose, quelques morceaux à droite et à gauche et puis s’en vont.
Les raisons d’apprécier moyennement le pistolero du metal moderne ? Même si notre homme est une fine lame reconnue du manche, son style est noyé sous des couches épaisses de chorus, ce qui rend son jeu trop brouillon, et ne met malheureusement pas en avant la sensibilité de notre barbu yankee, et BLS, dans les (très) grandes lignes, ne propose depuis le début que du riff bourrin sans grand intérêt, ce qui est fort dommage. Mais bon c’est comme ça, on ne peut pas plaire à tout le monde. Après, si certains ne sont pas en accord avec ces lignes, je m’en cogne complètement.
En revanche, car il y a toujours un « en revanche » et c’est là que ça devient intéressant, lorsque notre homme met vraiment son coeur et son âme à l’ouvrage, le meilleur et l’excellence vont toujours de paire. Souvenez-vous de la pépite sudiste « Pride & Glory » parût en 1994, et de l’intime « Book Of Shadows » de 1999.
Sur ces deux disques, la musique de Zakk avait rendez-vous avec les étoiles, tant par la qualité de la composition, de l’interprétation, que de la production. Deux disques parfaits qui datent peut-être, mais qui n’ont absolument rien perdu de leur superbe, et continuent d’habiter notre homme.

Avec ce nouvel album du Label, c’est la même chose. Zakk Wylde nous revient sous la forme d’un musicien accompli, qui a toujours eu en lui ce don de la musicalité et de la justesse. Lorsque celles-ci sont bien mises en valeur, et sur les treize morceaux de ce diamant brut, il n’y a absolument rien à jeter !
Les riffs sous l’influence d’un stoner destructeur et radical, que ne renierait pas un Corrosion Of Conformity (Gatherer Of Souls), sont maitrisés et font un bien fou à votre cou (Name In Blood/The Hand Of Tomorrows Grave/Broken And Blind/The Gallows). Le Zakk nous gratifie de power-ballades estampillées 100% US dont lui seul à le secret (Better Days & Wiser Times/Back To Me), rend hommage à Ozzy notamment avec « Ozzy’s Song » qui ponctue magnifiquement l’album, et également avec la manière dont il chante sur toutes les chansons. Par moments, on a vraiment l’impression que c’est Ozzy qui tient le micro (Pedal To The Floor). Troublant !

Après, si j’avais une chanson à retenir, résumant à elle seule l’album pour toutes les qualités dont il regorge, je choisirais sans hésiter « Broken Pieces », avec son méga-riff mid-tempo, ses harmonies vocales, et son solo méga-Wylde pur jus. La production générale de l’album est énorme, dépouillée de tout artifice secondaire, mettant en premier plan un quatuor excellent, qui n’est pas là pour faire dans la dentelle. C’est du straight to the point.
« Engines Of Demolition » est un album qui pourrait faire date dans la féconde discographie du guitariste, tant il se démarque de tout ce qu’il a enregistré jusque là. Sans oublier d’éventuels nouveaux fans, qui n’appréciaient pas spécialement le style du groupe et du guitariste, et devraient se pencher sur le cas de cet album qui contient de très bonne choses. Le groupe est sincère, sonne grave, et ça s’entend. Un excellent disque, c’est moi qui le dit, alors profitez-en.
Black Label Society « Lord Humungus » (Official Video)

Black Label Society « Engines Of Demolition », disponible depuis le 27 Mars 2026, Spinefarm Records
Guillaume