Salut à tous ! Aujourd’hui direction Philadelphie en Pennsylvanie, avec deux sorties du label mega-brutal et méga-bon, Relapse Records !
Si vous êtes des inconditionnels de l’institution feu-Death, le nom de Gruesome ne vous est forcément pas inconnu. Créé en 2014 à l’initiative du guitariste/vociférateur Matt Harvey, le principal objectif du quatuor américain, est de rendre hommage a Chuck Schuldiner et perpétuer l’héritage du musicien disparu en 2001. Et ce à chacune des sorties du gang.
Pour recadrer le contexte, de la première démo « Closed Casket » (2014) a l’album « Twisted Prayers » (2018), la musique de Gruesome s’oriente vers « Scream Bloody Gore/Leprosy/Spiritual Healing », tandis que l’esprit « Human » ne fait qu’une timide incursion sur le titre « Fragments Of Psyche », tiré du EP du même nom sorti en 2017. Morceau d’ailleurs très réussi.

Le troisième album « Silent Echoes » dispo depuis Juin 2025, ne fait pas exception à cette tradition, et s’inspire nettement, donc, de « Human » publié en 1991. « Silent… » n’est pas une copie-conforme du brillant aïeul, car même si son producteur Jarrett Pritchard c’est vu épaulé et conseillé lors de l’enregistrement par la légende du son Scott Burns, la musique est bien estampillée Harvey & Co, et les compositions originales sont taillées dans le très dur.
Alors oui c’est évident, à l’écoute de certains titres de « Silent… », on pense à « Together As One/Flattening Of Emotions/Vacant Planets », en raison des parties vocales, certaines techniques guitaristiques, et autres effets chers à Chuck, comme le phaser utilisé dans la plupart de ses soli. Mais tout est fait dans un respect qui renforce davantage le savoir faire et la passion de Gruesome envers Death. Il en est de même pour le batteur Gus Rios, qui a utilisé la même caisse clair que Sean Reinert sur le légendaire « Focus » de Cynic.
Rien n’est laissé au hasard sur ce quatrième album, et si « Human » représente pour vous une table de la loi, comme c’est le cas pour votre rédacteur, « Silent Echoes » en est son seul et unique digne héritier. Un disque pour connaisseurs affûtés.

On poursuit ensuite avec les natifs du Nouveau-Brunswick de Deadguy. De retour après plus de trois décennies passées sous silence, le quintet propose son second album « Near-Death Travel Services », au hardcore très burné !
Ne connaissant pas du tout le groupe à la réception de l’album, et ne préférant pas écouter « Fixation On A Co-Worker » sorti en 1995, pour ne pas influencer ni orienter mon propos, c’est donc avec des oreilles entièrement neuves que je découvre le gang, ainsi que les onze morceaux de la galette qui ont retournés mes écoutilles, ce pour mon plus grand plaisir.

Ce qui frappe tout de suite dès les premières mesures de « Kill Free » qui ouvre l’album, c’est la fureur qui s’empare de l’auditeur, tellement la puissance du quintet vous arrive droit dans la tronche ! Vous savez que n’allez pas rigoler. Et c’est carrément l’objectif d’un album de ce calibre, dont la thématique se questionne sur l’avenir de la nouvelle génération, ainsi que sur l’absurdité de notre société moderne. En gros, comment a t-on fait pour en arriver là ?
Pour répondre à cette question, Tim Singer éructe ses propos à la face du monde, sur fond d’une section rythmique à couper le souffle, des riffs tranchants et monstrueux à souhait, le tout mis en avant par une production nette, propre et précise, comme pour tout bon groupe du genre qui se respecte. « Near-Death… » transpire le vécu et l’expérience à chaque seconde.
Musicalement, on pense à Agnostic Front, Pro-Pain, et aux défunts danois de Barcode. Si ces trois noms sont déjà en bonnes places dans votre discothèque, « Near-Death Travel Services » est à acquérir les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes.

Guillaume