Si dans nos rêves les plus fous on imagine qu’un Big 4 du death-metal britannique puisse exister, ce carré d’as serait composé de Napalm Death, Bolt Thrower, Benediction, et Memoriam. Le dernier est certes plus récent, vu que créé en 2016 des suites de la disparition du batteur Martin Kearns des lanceurs de boulons, mais n’est pas à exclure du lot car son unité d’élite comprend des ex-membres du trio cité plus haut, et le son s’inscrit dans cette lignée. Logique donc.
Depuis la création de ces emblématiques le va et vient des ‘zicos n’a jamais vraiment cessé entre les groupes, et les sorties albums ont toujours répondus présentes, et ce pour le plus grand bonheur des fans. Même si Napalm Death est à considérer comme étant le plus grind du lot, son influence flagrante dans le genre qui nous intéresse ici a toujours été majeure. Bolt Thrower n’étant plus, mais rien n’empêche d’espérer, il ne reste que Benediction qui perpétue la flamme, depuis 1989, du death-metal old-school pur jus.

Après un « Killing Music » de 2008 ayant plus ou moins provoqué l’arrêt des hostilités, le groupe est peu à peu sorti de sa longue pause, et revint sur le devant de la scène en 2020 avec son huitième chapelet « Scriptures », marquant également le retour de son légendaire vociférateur Dave Ingram, qui avait quitté le gang à la fin des années 90. Profitant du succès rencontré par cet album du come-back, Benediction décide d’en sortir sa suite en 2025, et ce nouveau psaume peut définitivement s’inscrire parmi les meilleurs albums du style sortis ces dernières années.
Une production massive et actuelle, le groupe a fait appel à la même équipe que sur « Scriptures », des riffs taillés dans le dur, des passages qui rappellent le bon souvenir des troupes de choc nommées en début de chronique, une voix qui aurait très bien trouvée sa place sur le « Utopia Banished » de l’autre formation de Birmingham, et un tracklisting de onze morceaux qui défile comme une lettre à la poste.
« Ravage Of Empires » est un album qui fait la différence, et, jeu de mot oblige, va provoquer des ravages à n’en point douter, au sein d’une communauté qui va se refaire toute la totale du combo depuis son premier album. J’ai fait exactement la même chose…!

Alors oui, il est évident qu’ici on ne fait pas dans la nouveauté deathcore progressive nauséeuse aux guitares accordées six pieds sous terre d’aucune logique musicale, du growl inaudible mal géré, et digéré surtout, que peut-être la jeune génération n’y trouvera pas son compte car il est nullement question d’alambique rythmique sans queue ni tête, mais plutôt d’un album avec des hommes d’expérience qui vont dans le coeur du steak et maintiennent une flamme allumée depuis 36 ans.
Maintenant, il va falloir patienter jusqu’au Vendredi 4 Avril pour mettre la main sur cette pépite, et croiser les doigts pour que le groupe viennent nous rendre visite. Ce serait bin bin l’fun !
Benediction « Engines Of War » (Official Music Video)
Guillaume