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GBH – Le Ferrailleur, Nantes, 15 Mai 2024 – Interview et live-report !

C’est sous une pluie battante que je gare la No Name mobile à proximité du Ferrailleur. Nantes a toujours eu bonne réputation en matière de pluie, donc on ne change pas une équipe qui gagne. Profitant d’une accalmie, j’en profite pour me diriger d’un pas pressant vers la salle Nantaise, où joue ce soir l’un des groupes emblématique du punk-hardcore anglais de la fin des années 70/début 80 avec Exploited et Discharge, GBH.

En arrivant au bar de la salle, je croise justement le chanteur Colin Abrahall avec qui je vais m’entretenir dans l’après-midi. Je me présente à lui, et il m’informe qu’on pourra faire l’interview prévue juste après le soundcheck qui allait commencer quelques minutes plus tard. Le rendez-vous est pris, et le soundcheck ne tarde pas. Après les réglages individuels, et pour ce chauffer, GBH envoi direct trois morceaux à la suite. « Sick Boy », « Blitzkrieg Bop » des Ramones, et « Bomber » de Motörhead. Quel son !

La Les Paul de Colin « Jock » Blyth crache sévère, j’aurai peut-être dû mettre mes bouchons, mais c’est pas grave ! En tout cas pour le gig de ce soir ça promet ! Juste après les balances, Colin me fait signe et on s’installe à la terrasse du Ferrailleur, face à la Loire, par un grand soleil. So good, et extraits choisis…

On commence par discuter du dernier album en date, « Momentum » de 2017. Colin me regarde avec un petit sourire en disant qu’il commence à dater un petit peu, mais que c’était et c’est toujours un album bien accueilli par les fans. « Tu sais, c’est un album qui a été fait de la manière la plus simple qui soit. Quatre gars dans une même pièce, une console d’enregistrement, on appuie sur « rec », et c’est tout ! Avec le recul, je trouve que c’est un bon album. Je peux pas te dire si c’est notre meilleur, en tout cas je l’aime bien et les fans aussi, alors ça me va. »

« On nous demande souvent, quand sortira le prochain LP. C’est une question à laquelle je ne peux pas encore répondre, car nous tournons beaucoup depuis quelques moi, mais je peux te dire que nous avons des nouveaux morceaux qui sonnent bien. Maintenant à savoir quand ils sortiront, je ne sais pas du tout. Mais bientôt je l’espère « 

 » Après le covid, qui a été un vrai problème pour tout le monde, on a recommencé à tourner. La première date que nous avons faite était un festival en Écosse au milieu de nulle part. C’était bien organisé mais un peu weird haha! Ça nous a fait bizarre de remonter à nouveau sur une scène. Je ne te cache pas que lors de notre set, on a ramé un peu sur les trois premiers titres, mais après c’était reparti comme avant, et depuis on arrête pas de tourner.« 

 » Ce qu’il faut savoir, c’est que même si on a mis du temps à sortir certains de nos albums, GBH n’a jamais arrêté depuis 1979. Le groupe n’a jamais splitté, et a toujours été actif. Et encore maintenant en 2024, nous sommes quatre gars qui jouons du punk et c’est très bien comme ça. « 

 » Lorsque From Here To Reality est sorti en 1990, on nous a collé une étiquette d’un groupe punk avec un son heavy-metal. Je ne suis pas d’accord avec ça, car même si GBH vient de Birmingham comme Black Sabbath, le heavy n’a jamais été mon truc. J’aime bien des morceaux comme « Paranoid » et AC/DC par exemple, mais non c’est pas trop mon truc haha ! Je suis quelqu’un qui a vu naître le mouvement punk en Angleterre, et j’aime encore écouter des groupes comme les Clash, les Pistols, les Damned, et puis surtout ces quatre gars qui s’appelaient les Ramones et qui ont tout inventé haha !« 

« J’ai conscience que GBH a influencé pas mal de groupes dans les 8O’s, et pas forcément des groupes de punk. Prends l’exemple de Metallica et de Slayer, notre musique a beaucoup comptée pour eux à leurs débuts et c’est super. Nous avons été également influencés aussi lorsqu’on a commencé. Tout à l’heure lors du soundcheck on a fait « Bomber » de Motörhead, c’est un groupe que nous avons toujours aimé. J’en veux pour preuve, après le covid nous avons enregistré ce morceau pour un album tribute à Motörhead. Quelques soient les périodes et les styles, on a tous été influencés, et ça se retrouve dans toutes les musiques, peu importe le genre que tu joues. »

 » L’année dernière on tournait en Australie et dans le tour-bus on écoutait Spotify ou un truc du même genre. Puis on est tombé sur les Datsuns, le groupe Néo Zélandais, avec la chanson « Motherfucker From Hell » et on c’est tous dit « c’est peut être un groupe plus jeune que nous, mais ça sonne super bien ». Tu vois, tant qu’il y aura des groupes qui continueront à jammer et à jouer du punk, le relais se passera toujours de mains en mains et c’est très bien comme ça. »

« Quand GBH est né, nous étions juste des fans de punk qui voulions monter un groupe et jouer. Dans nos textes, et c’est toujours le cas, on a toujours dénoncé la corruption du système et le fait que nos politiciens sont tous des pourris. Ce qui est toujours vrai. Tu vois, GBH existe depuis 1979, nous sommes en 2024 et la situation n’a pas changée. Et plus ça va et plus le monde devient fou. J’ai vu aux infos cet après-midi, que le premier ministre Slovaque c’est pris une balle car quelqu’un ou je ne sais qui, n’étant pas d’accord avec ses prises de positions. Est-ce que ça fait avancer les choses ? »

Après ce tête à tête partagé, et les quelques signatures qui s’imposaient sur mes pochettes de disques, je prends congé de Colin en le remerciant de son accueil et pour cette interview. Il me répond par un grand sourire et me demande si je reste pour le concert. Lui répondant par l’affirmative, il ajoute alors un « Cool man, enjoy it ».

Et le concert sera vraiment « enjoy it » ! Durant une bonne heure et quart, c’est reparti comme en quarante, ou plutôt comme dans les années 80. Certes, le groupe n’a plus vingt ans, mais n’a rien perdu de son efficacité scénique et sonique ! Le son tabasse bien, cette fois j’avais mes bouchons, donc impeccable. Même si la salle est loin d’être full, le public est bien là et participe à grand renfort de pogo et clame haut et fort les titres qu’il veut entendre. Le Colin calme et posé rencontré cet après-midi a disparu, bien sorti de sa réserve, en impose sur scène, plaisante avec le public, et c’est super à voir.

Concernant la set-list du soir, tout y passe. J’ai pas tout retenu mais dans les grandes lignes il n’y a que du bon avec entre autres, Sick Boy/War Dogs/Maniac/I Am Hunted/Heavy Discipline/I Never Asked For Many Of This/Generals/Momentum/Prospective Convicted/Give Me Fire/Slut/Bell End Bop et City Babies Attacked By Rats ! Que des classiques, en tenant compte de « Momentum » et « Never Asked… » extraits du dernier album.

Le set se termine sous le « Bomber » fracassant de Motörhead, et votre rédacteur en ressort heureux, avec le sentiment avoué d’avoir assisté à un concert historique, en présence d’un groupe légendaire qui a marqué de ses trois initiales l’histoire du punk et du rock. Le vrai rock.

GBH « Give Me Fire » Le Ferrailleur, Nantes – 15 Mai 2024

Un grand merci à Rage Tour et à l’équipe du Ferrailleur.

Guillaume

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