Il y a des groupes comme ça qui font parti du paysage métal depuis des lustres, on connait leur nom, mais on est incapable de citer le titre d’un album. Pentagram en est un bon exemple. En plus pas de bol, à ne pas confondre avec le légendaire groupe US de Bobby Liebling, et c’est pourquoi le quartet en obligé, si on peut dire, de s’identifier davantage en indiquant sa provenance avec le petit « Chile », qui comme chacun sait veut dire Chili.

Alors oui, on peut vraiment dire que nous sommes en présence d’un groupe culte, qui depuis sa création en 1985 n’a sorti que deux albums, « The Malefice » en 2013 et celui qui nous intéresse dans cette chronique, « Eternal Life Of Madness ». En revanche, en matière de démos, splits, compilations, albums live plus ou moins obscurs, le gang du guitariste/chanteur Anton Reisenegger se doit de trouver une place de choix dans les discothèques des érudits de l’underground, et son death-thrash, qui a traversé les décennies, n’a aucunement perdu de sa superbe. En témoigne « Eternal… », qui sort le 26 Avril chez Listenable Records.
Redoutable usine à riffs vicieux, on pense à Death et son brillant second LP « Leprosy », et rythmes mid-tempo, comme lorsque Slayer avait régalé son auditoire avec « Season In The Abyss », le nouveau né des natifs de Santiago contient onze morceaux ciselés avec le tranchant que le métalleux pur jus aime retrouver dans un album de cet acabit. Inutile de vous préciser, mais je le fais quand-même car c’est pour le plaisir (dixit Herbert Léonard) et parce que j’aime bien utiliser cette expression, vous êtes en présence d’un must du genre, il faut le dire et l’écrire !
Composé lors du covid, Anton Reisenegger reconnait que le writing-process de l’album a été une étape compliquée, qui a été pour lui le meilleur moyen d’échapper à la pression quotidienne, et à l’incertitude de cette période trouble et sensible. D’où une certaine tension qui en émane à son écoute.

En a résulté donc des titres excellents comme les singles « The Portal » et « Icons Of Decay », et à côté de ces dits-singles, personne ne peut rester insensible à l’écoute d’uppercuts comme « Possessor », le morceau titre « Eternal Life Of Madness », ou encore « State Of Grace ». Cela confirme bien, que parfois, ce tourner vers le nouvel album d’un groupe à la carrière certes plus modeste, du fait aussi d’une mise en avant plus discrète, est bien plus bénéfique qu’une « pointure » qui se complait dans le fadasse. Comprenne et assumera qui voudra.
Si vous n’y trouvez pas votre compte à l’issue de l’écoute de ce nouvel album, c’est que le thrash cinglant et radical ne peut plus rien pour vous, j’en suis désolé, et que votre foi métallique c’est carrément éteinte. Peut-être qu’après, vous irez écouter Kendji Girac, il parait que c’est pas top pour lui en ce moment. Faites gaffe quand même.
Guillaume